Projet de loi d’urgence agricole, le Sénat saborde la protection de l’eau potable en supprimant la reconnaissance de l’agriculture biologique comme solution portée par La Maison de la Bio pour préserver les aires de captage en eau

Paris, 18 juin 2026 – La commission des affaires économiques du Sénat a adopté un amendement supprimant la reconnaissance de l’agriculture biologique comme solution pour préserver les aires de captage d’eau potable. Une décision qui contredit le Gouvernement lui-même, saborde les avancées adoptées à l’Assemblée nationale et fait délibérément le choix de la dépollution curative plutôt que de la prévention.

Alors que la France ferme en moyenne une quarantaine de captages d’eau potable chaque année en raison de pollutions aux nitrates et aux pesticides, le Sénat a décidé de supprimer l’un des outils préventifs les plus efficaces dont dispose le pays. Le 17 juin 2026, la commission des affaires économiques a adopté l’amendement COM-130, déposé par les sénateurs Laurent Duplomb, Pierre Cuypers et Franck Menonville, qui retire des programmes d’actions des captages prioritaires toute obligation de développer les pratiques agroécologiques à bas intrants, au premier rang desquelles figure l’agriculture biologique.


Une contradiction avec le Plan eau du Gouvernement. Le Plan eau, présenté par Emmanuel Macron en mars 2023, prévoit explicitement de renforcer le soutien à l’agriculture biologique sur les aires d’alimentation de captage : revalorisation des aides à hauteur de 50 millions d’euros par an via les agences de l’eau et prolongation des paiements pour services environnementaux. En refusant d’inscrire dans la loi la priorité aux systèmes agricoles qui protègent la ressource, le Sénat renie les engagements du Gouvernement.
Renoncer à la prévention, c’est faire le choix assumé de la dépollution curative, et d’en reporter la charge sur les citoyens alors que les Agences de l’eau rappellent qu’1 euro investi en prévention permet d’économiser jusqu’à 10 euros en traitement. Ce faisant, le Sénat efface une avancée pourtant largement adoptée à l’Assemblée nationale et retourne contre elle-même la politique agricole et environnementale du Gouvernement.


« Cet amendement est un recul politique alarmant sur la protection de l’eau potable. On ne peut pas, d’un côté, afficher dans le Plan eau le soutien à l’agriculture biologique comme un outil de protection des captages, et de l’autre, en supprimer l’obligation dans la loi. Il appartient au Gouvernement de ne pas le laisser passer.
Nous lui demandons de rétablir, par voie d’amendement gouvernemental, l’obligation supprimée en commission, lors de l’examen en séance publique.
» complète Christophe Barnouin, co-président de la Maison de la Bio.





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